Lorsqu’il a fallu trouver un nom de domaine pour ce site, qui devait à l’origine être principalement consacré au Dolpo et à l’association Action Dolpo, j’ai cherché un nom contenant ou évoquant le mot Dolpo, mais malheureusement tous les noms de sites que j’ai envisagé à l’époque étaient déjà réservés ou utilisés. Je me suis tourné vers des noms évoquant le Népal de près ou de loin, mais là encore même problème, tous les noms auxquels j’ai pensé étaient indisponibles.

Après quelques temps de recherche, j’ai finalement trouvé le nom ADILGO qui symbolise plusieurs éléments dont parle le site. Le go tout d’abord, mais aussi et surtout le Népal, le Tibet et le bouddhisme à travers la personnalité très remarquable de Dilgo Khyentsé Rinpoché.
Erudit et grand maître du bouddhisme vajrayana (voir ci-dessous), Dilgo Khyentse Rinpoché vécut de 1910 à 1991, et consacra la plus grande partie de son existence à l’étude, la pratique et l’enseignement du bouddhisme.

Né au Kham, province de l'est du Tibet, Dilgo Khyentse fut reconnu très tôt comme un enfant hors du commun, et choisit à 10 ans de devenir moine. Il étudia au monastère de Schéchen, au Tibet oriental, qui devait être plus tard rasé pendant la révolution culturelle chinoise. Il passa près de 13 ans en retraite solitaire dans les montagnes, passant parfois plusieurs mois dans une simple grotte à méditer et à étudier les enseignements. Puis, après son mariage (il eut deux filles), il commença à enseigner et à transmettre ce qu'il avait appris, mettant en pratique de façon lumineuse l'essence même des enseignements du Bouddha, la compassion.
En 1959, il fut contraint de fuir le Tibet envahi par l'armée chinoise et de se réfugier au Bhoutan voisin, où il devint le plus grand maître bouddhiste du pays, voyageant pour transmettre son savoir au plus grand nombre. Il vint ensuite vivre en Inde, où il dispensa des enseignements au Dalaï Lama réfugié à Dharamsala. Il écrivit plus de 25 livres, et oeuvra jusqu'à la fin de sa vie pour préserver et diffuser la culture bouddhiste. Son érudition et sa connaissance des textes étaient sans égal, et l'image la plus frappante qu'il laissait à ceux qui le rencontrait était qu'il était l'incarnation vivante des enseignements qu'il dispensait, de la réalisation spirituelle et de l'éveil. En 1980, il fit construire près du sanctuaire de Bodnath, au Népal, un petit monastère appelé Schéchen, tout comme celui où il avait lui-même étudié au Tibet autrefois.



En 1985, il put enfin revenir dans son pays natal après 26 ans d'exil, et il retrouva le monastère de Schéchen dont la reconstruction n'avait pas encore commencé. Durant les années qui suivirent, il revint à plusieurs reprises au Tibet afin d'y enseigner.

Le 27 septembre 1991, il mourut paisiblement, laissant l'image d'un homme dont la vie fut axée autour de 3 piliers : apprendre, pratiquer, enseigner.

"Tous les êtres ont le même désir que nous d'être heureux et de ne pas souffrir. La seule différence réside dans le fait que chacun de nous, pris individuellement, ne représente qu'une personne, alors que les autres sont innombrables. Notre bonheur et notre souffrance ne sont rien par rapport au bonheur et à la souffrance des autres. Ce qui importe vraiment, ce n'est pas que nous-mêmes soyons heureux, mais les autres. Cette pensée est la base de l'esprit d'éveil. Nous devons désirer le bonheur d'autrui, non le nôtre. Tout particulièrement, nous devons souhaiter le bonheur de ceux que nous prenons pour des ennemis et ceux qui nous font du mal. Autrement, à quoi servirait la compassion ?"
Dilgo Khyentse Rinpoché.


Quelques livres

L'esprit du Tibet, par Matthieu Ricard, Editions du Seuil, 1996.

Oeuvres de Dilgo Khyentse traduites en français :
Audace et compassion, Editions Padmakara, 1993.
La Fontaine de grâce, Editions Padmakara, 1995.
Le trésor du coeur des êtres éveillés, Editions du Seuil, 1996.
Au seuil de l'éveil, Editions Padmakara, 1998
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Note au sujet du bouddhisme

Selon la tradition indo-tibétaine, le bouddhisme comporte trois ‘véhicules’, le Hinayana, le Mahayana et le Vajrayana. Ces 3 voies sont en fait 3 approches différentes, 3 développements de plus en plus élaborés issus de l'enseignement initial du Bouddha.

Ce dernier décrivit dans son tout premier enseignement ce qu'on appelle les Quatre Nobles Vérités, que l'on peut résumer très succinctement comme suit :
- la vérité de la souffrance : la naissance est souffrance, la vieillesse est souffrance, la maladie est souffrance, la mort est souffrance, être uni à ce que l'on n'aime pas est souffrance, être séparé de ce que l'on aime est souffrance, ne pas obtenir ce que l'on désire est souffrance.
- la vérité sur l'origine de la souffrance : c'est la soif, le désir insatiable, les passions issues de l'ignorance qui sont la cause de notre souffrance.
- la vérité sur la cessation de la souffrance : c'est l'abandon de cette soif qui permet de s'en détacher, de s'en libérer.
- la vérité de la voie menant à la cessation de la souffrance : c'est l'étude et la pratique de la voie octuple qui mène à la cessation de la souffrance, à travers la vue juste, la pensée juste, la parole juste, l'action juste, les moyens d'existence justes, l'effort juste, l'attention juste, le recueillement juste.

Tout son enseignement est issu de ces 4 nobles vérités, son but étant de parvenir à l'éveil pour se libérer de la souffrance et aider les autres à atteindre ce même but.

Ce sont donc 3 déclinaisons différentes de cet enseignement qui ont donné naissance aux 3 véhicules cités plus haut :
- le Hinayana met l'accent sur la discipline physique individuelle, et constitue une approche dans laquelle il est essentiel de se libérer d'abord soi-même avant de pouvoir aider les autres.
- le Mahayana privilégie la compassion et l'altruisme; faire le bien d'autrui fait partie de la voie menant à sa propre libération.
- le Vajrayana enfin, synthétise en quelque sorte les 2 approches précédentes et insiste sur la transformation intérieure qui permet de révéler l'intelligence primordiale présente en chacun de nous.